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 Pierre Grimal, La civilisation romaine

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Achillia
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Date d'inscription : 06/10/2010
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Localisation : Strasbourg

MessageSujet: Pierre Grimal, La civilisation romaine   Sam 30 Avr - 15:00

Je cite Pierre Grimal :

" La conscience des modernes s'est
souvent - et à juste titre - scandalisée du goût témoigné par les Romains pour
ces jeux sanglants. Mais il serait injuste de le dénoncer comme une tare
particulière aux Latins de Rome. Nous avons dit que les combats de gladiateurs
sont d'origine étrangère et qu'ils apparurent relativement tard à Rome même. A
certains égards, ils sont une survivance archaïque de rites italiques, et leur
caractère religieux est indéniable. Les meilleurs des Romains n'y prenaient
guère plaisir. Le public était formé surtout par la plèbe urbaine, où se
pressaient des hommes venus de tous les pays de la Méditerranée. La grande
faveur des combats de gladiateurs date précisément de l'époque où la plèbe
avait cessé d'être proprement romaine - et l'on ne s'étonnera pas de constater
que les villes d'Orient n'avaient rien à envier à Rome ni pour le nombre, ni
pour la cruauté de ces spectacles. Il est permis de déplorer ce qui est une
tare de la civilisation antique tout entière, une concession déplorable au goût
universel des masses populaires pour la cruauté il serait illogique de fermer
les yeux sur ce que d'autres époques ont pu tolérer, et qui témoigne d'un
pareil mépris pour la vie humaine. N'oublions pas enfin que, sur l'arène, ces
combattants n'apparaissaient, des gradins, que comme des silhouettes diminuées
par la distance, leurs gestes d'attaque et de défense que comme les péripéties
d'un drame sportif plutôt que comme l'agonie d'êtres humains. A la manière des
jeux scéniques, les spectacles de l'amphithéâtre étaient dominés par le désir
du merveilleux, de l'inédit, la quête de l'impossible."


La civilisation romaine


Je trouve cette argumentation d'une mauvaise foi sans nom.

Citation :

Les meilleurs des Romains n'y prenaient
guère plaisir. Le public était formé surtout par la plèbe urbaine

Raisonnement élitiste et ô combien faux. Il n'est plus à prouver je crois que toutes les couches sociales se retrouvaient de leur plein gré à l'amphithéâtre, que Vestales, Sénateurs, Chevaliers et Patriciens y avaient leurs places réservées qu'ils n'auraient cédé pour rien au monde, que lorsqu'on lit Martial, Juvénal ou Cicéron, nul doute qu'il y eut parmi la haute société des aficionados sincères de la gladiature, et que ce phénomène n'a pas seulement séduit " les bouseux ".

Citation :

Le public était formé surtout par la plèbe urbaine, où se
pressaient des hommes venus de tous les pays de la Méditerranée. La grande
faveur des combats de gladiateurs date précisément de l'époque où la plèbe
avait cessé d'être proprement romaine -

Le problème est pris à l'envers. Ce n'est pas Rome qui a perdu son identité parce qu'elle s'est étendue à d'autres peuples et à leurs influences, ce sont ces autres peuples qui ont bénéficié d'un sentiment d'identité romaine suite aux Ludi présents dans tout l'Empire qui réunissaient tous les peuples autour d'un même divertissement ! Dire que les Romains ont été corrompus par les autres peuples de l'Empire est aussi obsolète, aujourd'hui, que de continuer à penser que le Christianisme a causé la perte de Rome. Les Romains prennent ce qui les intéresse dans les autres civilisations et l'adaptent à la sauce romaine. Leur identité évolue, mais fondamentalement elle ne change pas.

Citation :

N'oublions pas enfin que, sur l'arène, ces
combattants n'apparaissaient, des gradins, que comme des silhouettes diminuées
par la distance, leurs gestes d'attaque et de défense que comme les péripéties
d'un drame sportif plutôt que comme l'agonie d'êtres humains.

Hypocrisie.
La veille, lors de la Cena, les gens affluaient pour voir de près ces combattants qui risquaient de mourir le lendemain. Dans la porte Libidina, par où étaient retirés les cadavres des vaincus, s'entassaient des gens avides de récupérer qui une mèche de cheveux, qui un peu de sang, qui de la sueur, pour des onguents, des potions, des amulettes ou tout simplement par fascination ( comme aujourd'hui on récupère le T-Shirt trempé de sueur d'un rocker )
De plus, certes, les gradins éloignent le spectateur, mais pour autant la conscience de la vie, et de la mort, du sang et des combats était pleine. Quand on sait que lors des chasses il y avait même des lapins, on se dit que finalement on ne devait pas voir si mal que cela !

Bref, je trouve ce texte hypocrite et parti pris. L'auteur n'a pour moi pas saisi la valeur profonde de la gladiature et des Ludi par extension, et cherche à " excuser " les Romains pour leur comportement horrible par des excuses vaseuses. Mais on n'a pas à excuser ou à justifier quoi que ce soit ! c'était leur culture, leurs valeurs, leurs traditions, et leur Empire a bien mieux vécu que notre Europe actuelle.


Voilà, c'était mon coup de gueule de la journée.
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