Forum consacré à la gladiature, reconstitution de combats, discussions théoriques, technique de combats, analyse d'iconographies...
 
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 Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque

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Achillia
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MessageSujet: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   Mer 2 Fév - 22:43

ROME , UNE SOCIETE VIOLENTE

Ce qui revient de manière récurrente dans les discours lorsqu’est évoqué le sujet de la gladiature, ce sont les termes « violence », « inhumain », « sanguinaire », « cruel »…
Nous avons déjà traité plusieurs aspects du sujet qui démentent ces idées de violence gratuite et barbares ( arbitrage, mort rare, courage au combat, gladiateurs professionnels et adulés.. ) et posent la gladiature non plus comme une horreur de son époque, mais bel et bien comme un phénomène en totale cohérence avec l’état d’esprit et les mœurs de son temps, violent certes mais dans une société qui ne l’est pas moins, et ce à tous les niveaux sociaux et à différents degrés.

Il faut bien comprendre que la gladiature n’aurait pas connu un tel succès ( rappelons-le, plus de huit siècles de pratique ) si elle n’avait été autant en adéquation avec les mentalités de son époque. Si les Romains avaient été des pacifistes nés, aussi philosophes que les Grecs ou raffinés que certains peuples orientaux, ils auraient certainement boudé cette pratique qui, faute d’amateurs, se serait éteinte en quelques années. Si l’offre a perduré, c’est qu’il y avait demande.

Je citerai en conclusion de cette introduction Paul Veyne, historien ayant travaillé sur le phénomène : « Il est facile de s’indigner devant les spectacles de gladiateurs. Plus difficile, et plus intéressant aussi, est de ne pas prêter à ces gens-là des valeurs qui sont les nôtres… »



Des conditions qui favorisent un climat de violence :



Avant d’analyser en quoi exactement consistait la dangerosité de la vie à Rome, il convient de se demander s’il existe des facteurs favorisant un tel climat dans cette ville précisément.

Et effectivement, Rome n’est pas cette ville de marbre et de dorures que nous laisse imaginer le cinéma, avec ses grandes places, ses jardins aux immenses espaces et ses rayons de soleil éclairant des pavés scintillants.

Rome, c’est avant notre ère une ville marécageuse, tellement apocalyptique, insalubre et nauséabonde que les Romains des premiers temps ont envisagé de la quitter pour la reconstruire ailleurs. Le dictateur Camille réussit à les en dissuader en ordonnant la démolition totale des habitations et en offrant gratuitement les tuiles pour la reconstruction de nouveaux bâtiments, à condition que cela se fasse dans l’année. De là est née la nouvelle Rome, certes rebâtie à neuf et plus tard dotée d’un système d’égouts, de canalisations amenant l’eau courante etc, mais néanmoins érigée dans l’urgence et le manque de réflexion en matière d’urbanisme.




Le Forum, par exemple, place publique de Rome mondialement connue, ne mesurait que 100 mètres sur 60, et concentrait une quantité impressionnante de monuments sur sa place : temples, Rostres, Curie, basilique, fontaine, regia… La foule s’y massant en continu dans une cohue impénétrable rendait le lieu fort difficile d’accès, le vacarme était assourdissant, l’odeur insupportable ( passage en travers de la place des égouts encore à ciel ouvert, marchands ambulants vendant poisson grillé et viande rôtie, bétail, sueur.. )
Cette étroitesse et cette promiscuité se retrouvait un peu dans toutes les rues et ruelles de la ville, les habitations ayant été bâties à la va-vite sans réelle cohérence. Se promener dans Rome n’avait rien d’une promenade de santé !

« A Rome, il n’est pas possible au pauvre de penser se reposer. Impossible de vivre en paix le matin à cause des maîtres d’école ( qui faisaient la classe dans la rue ), la nuit, à cause des boulangers, toute la journée à cause des marteaux des chaudronniers. Là, un ouvrier bat du sable d'or et tape sa pierre usée de son maillet brillant, rien n’arrête la troupe fanatique des fidèles de Bellone, ni le Juif à qui sa mère a appris à mendier, ni le colporteur qui vend ses allumettes soufrées. » - Martial, Epigrammes. -


La nuit, cela continue avec le tapage nocturne : si Rome est bruyante la journée, elle l’est tout autant lorsque tout le monde aimerait dormir !
Les marchands qui n’ont pas été autorisés à circuler dans les rues de jour passent sur les pavés avec leurs charriots et effectuent leurs livraisons, les ivrognes braillent, les jeunes s’amusent à fracasser les portes, briser les échoppes, voler les passants et violer les passantes, ceux qui attendent déjà devant le Cirque ou l’amphithéâtre leur place pour les Jeux du lendemain patientent bruyamment..

« Beaucoup de gens meurent d’insomnie à Rome » déplorera Juvénal.

Outre un problème lié au plan d’urbanisme, on a également un souci démographique, avec des quartiers complètements engorgés, congestionnés par une surpopulation en constante augmentation. Cela s’explique entre autre par le fait que de nombreux petits propriétaires terriens romains, qui avaient leur villa à l’extérieur des murs de Rome et qui ont dû partir effectuer leur devoir militaire lors des Guerres Puniques, ont retrouvé à leur retour un terrain en friche inexploitable. Ils ont vendu à plus riche qu’eux, et ont été contraints de chercher un logement dans leurs moyens dans les quartiers populaires de Rome. On parle alors de « nouvelle plèbe » : ce ne sont plus des étrangers, des esclaves ou des affranchis qui forment ce parti des Populares, mais à présent s’y sont joint d’authentiques citoyens romains, totalement perdus, désespérés d’avoir ainsi chuté dans l’échelle sociale, et amers.

Toujours dans les nuisances d’une telle ville qui pourraient contribuer à exacerber une violence latente chez ses habitants, et ce en relation directe avec les points précédemment exposés, on peut penser aux catastrophes naturelles dont Rome est perpétuellement la victime :

Inondations ( quartiers les plus peuplés sous le niveau de la mer ), séismes ( bâtiments sans fondations qui s’écroulent comme des châteaux de cartes ), incendies ( prenant dans les conditions exposées des proportions instantanément gravissimes ), mais aussi pestes ( manque d’hygiène ), famines etc.

Rome n’est pas épargnée par les évènements et ces épreuves contribuent à amener encore plus de désespoir et de colère dans cette ville déjà sous tension en permanence.



La violence, l’essence même de Rome



La violence de la société romaine se trouve à tout niveau social, à des degrés différents certes, mais c’est réellement ce qu’on peut appeler la « marque de fabrique » des Romains.

Ils baignent en effet dedans de leur plus tendre enfance à leur mort. Les faibles sont des victimes toutes trouvées, les forts doivent le devenir ou le rester.

En fait, la violence romaine résulte tout autant d’un besoin d’assurer sa survie par de petits larcins, afin de satisfaire les besoins les plus élémentaires, que de s’assurer une existence sociale pour tous ceux que la société a laissés de côté :

« Plus que la misère sociale, c’est le vide social qui nous semble être l’élément caractéristique de l’existence menée par ces milliers d’individus ( les non-citoyens ), hors-société, hors-la-loi au sens strict du terme. Rien n’est prévu pour leur donner un statut, ils n’ont de réalité dans la société qu’au travers de leurs actes. » - Catherine Salles, Les Bas-fonds de l’Antiquité. –





La violence au quotidien, de divers degrés :




1. En premier lieu, on peut citer les bagarres, vols, viols, pickpockets etc.. des bas-quartiers, qui sont le pain quotidien de tout habitant de la Cité. Que ce soit par des ivrognes au fin fond d’une taverne ou à grande échelle, ou comme à Pompéi, avec la bagarre générale au milieu des gradins lors d’un spectacle de gladiateurs qui a fait 59 de notre ère des centaines de morts et de blessés graves, la bagarre est monnaie courante pour les Romains.

2. Les charlatans sont la plaie de Rome : ne pouvant compter sur les talents professionnels qu’ils n’ont pas, ces pseudo-médecins, devins, prêtres, augures, prophètes ou philosophes en sont réduits à agresser les gens pour leur soutirer des pièces. Que ce soit par des spectacles d’automutilations ou de flagellation au fouet à osselets, par lesquels ils ébahissent la population avide de sang qui donne par admiration en même temps que par crainte, ou plus directement, par agression verbale ou physique directe : on ne compte plus les soi-disants philosophes qui, armés d’un bâton, alpaguent, insultent et frappent les pauvres passants en les noyant sous un flot de paroles aussi compliquées qu’insensées, forme primitive de racket qui incite les victimes à donner quelques pièces pour se débarrasser de ce fou furieux qui ne les lâche pas.

3. Vient ensuite le banditisme organisé : les grands auteurs de l’époque ne se sont pas attardés sur le sujet, mais on connait cependant un certain Lauréolus qui semble avoir connu un petit succès. Brigandage, criminalité, pillards, assassinats, attaques des chariots sur les routes sont monnaie courante.

4. Arrivent ensuite les pirates. Jusqu’au 1er siècle, leur pouvoir est sans limite : sur leurs voiliers ou à terre, ils font régner la terreur, pratiquant sans vergogne rapts, rançons, pillages, chantages etc… Pompée le Grand mettra fin à leurs exactions.

5. A l’échelon suivant, on trouve les gangs organisés et les groupes de pression. Les hommes politiques, pour servir leurs ambitions, n’hésitent pas à faire appel à des hommes de mains, esclaves, gladiateurs ou criminels.



L’escorte personnelle devient une mode. D’abord à vocation uniquement défensive, elle devient au IIème siècle une véritable force offensive. Les gardes du corps frappent les clients difficiles à convaincre, tuent les rivaux à punir. Souvent, des batailles rangées entre deux clans ennemis et leurs escortes éclataient au grand jour sur le forum même.

6. Les Collèges sont à part. Créés au Ier siècle sous l’impulsion de Claudius Pulcher ( « le Beau » ), ce sont de véritables gangs mafieux sous couvert d’association innofensive. Loin des regroupements du même genre, mais à vocation pacifique ( guilde des religieux, des cortèges funèbres, organisateurs de fêtes… ), les Collèges utilisent l’aspect associatif pour cacher leurs exactions criminelles en bandes. Pulcher créa plusieurs Collèges dans les quartiers les plus mal famés de Rome, ( Subure, Vélabre, Transtévère, Quais du Tibre, Aventin.. ) et met à leurs têtes ses propres hommes de confiance. Allant très loin dans la violence, les Collèges pratiquèrent même le trafic d’hommes libres, enlevant les clients dans des auberges, ou sur les routes, et les revendant comme esclaves.

7. Situées au plus haut niveau non pour leur influence ou le nombre de leurs actions, mais plutôt pour l’horreur de ces dernières, les sorcières pouvaient aller jusqu’au sacrifice humain pour préparer les philtres magiques qu’on leur avait commandé. Le plus souvent, ce sont des enfants qui en sont la cible. La plus célèbre d’entre elles, Sagana, n’hésita pas à enterrer un enfant en laissant uniquement sa tête à découvert, à lui présenter tous les jours devant les yeux un plateau de nourriture qu’il ne pouvait pas toucher, jusqu’à ce qu’il meure d’inanition. On retient aussi l’épitaphe de la tombe du jeune Jucundus : « Jucundus, fils de Gryphus et de Vitalis. Je me dirigeais vers ma quatrième année, mais je suis sous terre, moi qui pourrait faire la joie de mon père et de ma mère. Une cruelle sorcière m’a ôté la vie. Elle, elle est encore en vie et pratique toujours ses artifices dangereux. Parents, gardez bien vos enfants, si vous ne voulez pas avoir le cœur transpercé de douleur. »



Il faut avoir compris ce climat ambiant dans cette ville qu’était Rome, cette ville où l’on ne sortait plus seul dès la tombée du jour de crainte que son cadavre soit découvert au matin, cette ville où régnait dans les quartiers les plus pauvres une criminalité que ne pouvait endiguer les faibles moyens policiers de l’Empereur, pour comprendre que la gladiature, comme tous les Jeux du Cirque en général, s’inscrivent comme un divertissement on ne peut plus « normal » pour une population habituée à vivre la violence au quotidien.


A un peuple si dur et brutal, on ne pouvait proposer autre manière de s’extasier, eux qui côtoyaient déjà la mort et la criminalité sur le pas de leur porte tous les jours que Dieu faisait.

Aller encore au-delà de tout ce qu’ils connaissaient déjà, le sublimer par la technique des combats et la bravoure des combattants, était la seule façon de faire pour plaire à ce public qui marchait aux côtés de la mort à chaque seconde de leur vie.
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MessageSujet: Les combats à mort   Lun 14 Fév - 1:20

Les combats à mort exsitaient dans d'autres civilisations; Rome n'était pas que ce que tu dis....Bien sûr les rixes sont fréquentes et les mises à mort sont souvent plus sadiques que les grecs.

Au départ, ce sont des combats religieux qui vont devenir le spectacle préféré des romains. La gladiature, ne vous en déplaise, fut aussi un moyen pour l'extermination des prisonniers de guerre...

C'est aussi en celà que la gladiature s'inscrit bien dans son époque... Wink
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MessageSujet: Re: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   Mar 15 Fév - 16:59

[quote]
Spes a écrit:
Les combats à mort exsitaient dans d'autres civilisations; Rome n'était pas que ce que tu dis...

C'est à dire ? Wink

Citation :

Au départ, ce sont des combats religieux qui vont devenir le spectacle
préféré des romains. La gladiature, ne vous en déplaise, fut aussi un
moyen pour l'extermination des prisonniers de guerre...
C'est aussi en celà que la gladiature s'inscrit bien dans son époque...

Parlons-en.
Dis m'en un peu plus : de quelle période parles-tu, de quels cas concrets, dans quelles circonstances, et on en discute Wink
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MessageSujet: rome   Mar 15 Fév - 20:04

Rome était une ville qui a dû gérer des voisins encombrants et dont elle devait se défaire pour des raisons de sécurités...La gladiature fut un moyen indiscuté de réduire les prisonniers les plus remuants....

L'idée de faire couler le sang existe dans de nombreuses sociétés primitives: les gaulois n'étaient pas en reste m^me si on attribue plutôt une origine étrusque à la gladiature...

Disons que les romains ont été pragmatiques militairement: ils ont mené des guerres de siège contre des gaulois qu'ils craignaient et qui n'ont pas compris que leur tactique habituelle de harcèlement aurait été plus adaptée (Vercingétorix l'avait compris). Le siège d'Alésia fut une connerie.
Les romains ont amené une stabilité et une rigueur mais au prix d'un effroyable violence contre ceux qui s'opposaient à elle. Pour un peuple qui pratique la décimation, le combat de deux volontaires ou de deux condamnés: quelle importance?

Au départ, il ne fait aucun doute que chez les étrusques (et aussi chez les gaulois), on faisait combattre à mort sur la tombe de guerrier ou d'homme valeureux. Déjà à la préhistoire, nous savons que des hommes ont été tués volontairement voire des enfants (cf le Sentier de la guerre écrit par deux spécialistes dont un médecin expert et Jean GLOTTES, le célèbre préhistorien).

Jusqu'à quel point certains étaient ils volontaires pour accompagner leur maître/ami/mari? Mais ce qui était du ressort de la croyance est devenu spectacle... Twisted Evil


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MessageSujet: Re: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   Mar 15 Fév - 23:53

Spes a écrit:
même si on attribue plutôt une origine étrusque à la gladiature...

Les théories les plus récentes remettent sérieusement en question les origines étrusques de la gladiature ( Teyssier ).

Citation :

Jusqu'à quel point certains étaient ils volontaires pour accompagner leur maître/ami/mari? Mais ce qui était du ressort de la croyance est devenu spectacle... Twisted Evil

Peut-on parler à ce moment là de volontariat, ou plutôt peut-être d'honneur ( choisir d'accepter l'arène pour éviter l'humiliation d'y être traîné de force ? )
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MessageSujet: Nouvelles théories   Mer 16 Fév - 5:46

Je ne crois pas nécessairement à l'origine étrusque ni d'ailleurs nécessairement aux nouvelles théories . Quand on lit Régine PERNOUD qui a étudié les templiers à partir des archives brutes, sans autre interprétation que les témoignages bruts (et l'on dispose de beaucoup de documents). Même chose de la Contreverse de Vallaloid où une étude universitaire a montré à partir des sources mêmes, que (l'excellent, celà n'empêche pas) téléfilm où tous les poncifs défilent..

Sur un homme qui montre du courage devant ce qui est un meurtre latent, peut-on parler d'honneur? Se révolter face à la cruauté me parait sain....

D'ailleurs on connait des cas de suicide de gladiateurs qui préférrait se tuer eux même que de servir de "jouet" à une foule dont l'instinct sadique est à mon avis une certaine forme de négation de la civilisation.. Wink
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MessageSujet: Re: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   Mer 16 Fév - 21:35

Spes a écrit:
Même chose de la Contreverse de Vallaloid où une étude universitaire a montré à partir des sources mêmes, que (l'excellent, celà n'empêche pas) téléfilm où tous les poncifs défilent..

Je crois que tu as sauté des mots, ou alors je n'ai pas compris le sens de la phrase Wink
La controverse de Valadolid ou le mythe du Sauvage... J'ai le bouquin à la maison.
Las Casas m'a fascinée.

Citation :

D'ailleurs on connait des cas de suicide de gladiateurs qui préférrait se tuer eux même que de servir de "jouet" à une foule dont l'instinct sadique est à mon avis une certaine forme de négation de la civilisation..

Ou tout du moins d'une civilisation qui n'est pas la sienne et à laquelle il refuse de se soumettre, son suicide étant sa dernière protestation possible.

On retrouve cela dans l'anecdote du condamné qui s'enfonce des éponges dans la gorge.
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MessageSujet: rectificatif   Mer 16 Fév - 23:43

Oui, je ne sais ce qui c'est passé mais effectivement, mon post est tronqué. Je le reprends. Régine PERNOUD médiéviste de réputation internationale n'arrive pas du tout aux conclusions d'autres historiens comme Jean FAVIER par exemple.. Ce dernier croit dans les dévoiements des templiers (accusation d'apostasie, d'homosexualité, d'adoration d'idôle païenne) là ou R. PERNOUD nous montre chiffres en main des templiers qui rejettent en nette majorité ces accusations malgré les tortures qu'ils ont subi (certains témoigneront avec les os qui sortent de la jambe).

La controverse de Vallaloid (repris par l'éducation nationale) dénonce des débordements qui certes ont existés: aucune colonisation ne s'est faite sans crime. Si l'on reprend l'histoire, que celà soient chez les aztèques ou les incas, on démembraient les victimes sacrifiées et on les mangeait.
Cortès & Pizarre étaient doués mais ils n'auraient jamais réissusi à conquérir de tels territoires sans l'aide d'"indigènes". Les Tlaxcalthèques ont fourni plus de 5.000 guerrier à Cortes.
Bartholomé de Las Casas adresse à Chrales Quint en 1541 une lettre (Brevissime relation de la destruction des Indes) dénonçant les massacres, l'esclavage dont auraient été victimes les indiens, ce qui n'est pas faux. Mais qui est Las Casas : entré chez les dominicains en 1522, il écrit que l'on doit convertir par la douceur et la persuasion et non par la corecition... Comment ne pas être d'accord ?
Mais ce moine que l'on veut présenter comme un précurseur des droits de l'homme est un dominicain, l'ordre de l'inquisition, dont il partage la doctrine.
Certes, il est sincère mais fait d'énormes confusions dans son Histoire Générales des Indes (il ne parlait aucun dialecte amérindiens) et que conseilla cet apôtre du respect humain: d'implanter des noirs sur ces territoire (réduits en esclavage, il y avait sans doute peu de "volontaires") .

A noter que dans le même temps, les esclaves ramenés par C. COLOMB sont libérés sur ordre du roi. Charles QUINT apprenant les abus subis par les indiens interdit formellement l'esclavage en 1542 (grâce Las Casas qui s'est parfois trompé mais dont la sincérité ne fait aucun doute).
Certes, l'application des lois est mal faite mais la volonté civisatrice, pour contestable qu'elle soit, ne fait pas de doute.

En 1552, le 1er concile tenu aux "indes" interdit la destruction des idoles de ces peuples (zapotèque, Tarasques etc...) . La bulle papale de Paul III en 1537 confirme "que les indiens sont des hommes véritables, capables de recevoir la foi chrétienne par l'exemple d'une vie vertueuse" et ajoute que ce sont des hommes libres et qu'ils doivent jouir de leur biens....
En 1552, le concile déjà cité interdit clairement tout baptême sans le consentement des parents et demandent aux prêtres de s'assurer de la conversion volontaire des enfants de plus de 8 ans.
Le 1er archevêque de Lima passe les 10 dernières années de sa vie dans un réduit de l'hôpital qu'il a fait construire pour les indiens...
Certes, les religieux en conviennent eux-même, il y eu des s...... qui firent du mal mais le génocide de 80 % des indiens par la violence ne repose sur aucune source fiable (tant en quantité que sur les motifs). Nathan WACHTEL (médecin et directeur de recherche au CNRS et quia écrit deux ouvrages sur le sujet) cite les coupables "principaux": les épidémies. A comparer aux 17 millions d'indiens massacrés lors de la conquête de l'ouest, chiffre reconnu par les autorités fédérales.

Las Casas à défendu le droit des minorités mais son adversaire en réthorique, Sepulveda qui était humain et cultivé, voulait faire cesser les sacrifices humains et était, c'est vrai, plus "interventionniste".

Source : Historiquement correct de Jean SEVILLA (Ed PERRIN)
La controverse de Valadolid de JC. CARRIERE (Belfond) auteur de l'indispensable dictionnaire de la bêtise
La vraie controverse de Valadolid de Jean DUMONT (Critérion)

Pardon pour ce texte un peu hors sujet (si peu) mais la vérité est nuancée et moins évidente qu'on le pense..... Wink
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MessageSujet: Re: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   Sam 19 Fév - 17:13

Spes a écrit:


Pardon pour ce texte un peu hors sujet (si peu) mais la vérité est nuancée et moins évidente qu'on le pense..... Wink

Argumentation très intéressante.

La vérité est très souvent tronquée dans l'Histoire, et il est vrai qu'à moins de se pencher très sérieusement sur chaque sujet, on risque d'en avoir un aperçu simplifié plus qu'une véritable connaissance. Mais tant que l'aperçu en question est relativement fidèle, bien que traité en diagonale, j'allais dire on ne peut pas tout savoir sur tout, l'essentiel est d'avoir une petite idée de ce que la chose était et, si le sujet nous intéresse, d'avoir le réflexe de ne pas prendre pour argent comptant les ouvrages vulgarisés ou les articles de Wikipedia et de faire des recherches plus approfondies Wink

La gladiature est elle aussi non seulement victime d'une vision tronquée, mais de plus pervertie par l'Histoire. Sa définition ( j'entend : pour le public lambda ) n'est pas simplement à préciser, mais à refaire totalement ou presque.
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MessageSujet: Re: Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque   

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Pourquoi la gladiature s'inscrit-elle si bien dans son époque
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