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 La médecine romaine.

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Achillia
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MessageSujet: La médecine romaine.   Mar 26 Oct - 21:31

Les origines de la médecine :


Rome vit tout d'abord dans six siècles d'obscurantisme médical total.Uniquement basé sur des libations et des incantations, la médecine romaine des premiers temps est ridiculement primitive par rapport à leurs voisins Grecs.
(Caton l'Ancien parle de tout soigner avec du chou et du vin. )


Le premier médecin arrivé à Rome ( un Grec ) est attesté en 154 av JC. Les premiers médecins furent Helléniques donc, mais aussi Juifs.

Au départ venus de manière sporadique de leur plein gré pour trouver une meilleure clientèle que dans leur pays, Jules César en 49 av JC les invita à venir plus nombreux en les appâtant avec le droit de Cité. Il y eut ensuite à partir du IIème siècle ap JC une foule de déportations de prisonniers politiques Grecs afin de pallier au manque de médecins à Rome.


Le Grec restera la langue officielle de la médecine. Les ordonnances,les ouvrages et même les unités de mesures sont grecques. Avoir un patronyme grec est pour un médecin ( même Romain ) une preuve desérieux appâtant le client.


A noter : les Romains ont toujours été méfiants vis-à-vis du corps médical. Parmi le peuple, les médecins sont sujets de moqueries et de mimes sarcastiques au théâtre. Et plus de sept siècles après l'arrivée des premiers médecins à Rome, on trouve encore des Patriciens érudits convaincus de leur inutilité etprétendant pouvoir se soigner sans médecins ni remèdes.




La condition sociale des médecins :



Les esclaves :


Soit un médecin étranger réduit en esclavage et exerçant, soit un esclave formé par son maître à exercer ce métier.
A noter : les esclaves médecins avaient un sort préférable aux autres. Ils disposaient d'une certaine liberté de mouvement, et tissaient souvent avec leur maître des liens pouvant aller jusqu'à l'amitié sincère.


Les affranchis :



Esclave ayant racheté sa liberté ou ayant été libéré de ses obligations. Il a en contrepartie le devoir de soigner à vie son ancien maître et les amis de celui-ci gratuitement.


Les citoyens :



Un citoyen devenait médecin par vocation, par appât du gain ou par hérédité.
Il existe un mépris des classes puissantes pour ceux qui exercent la médecine libéralement. C'est une place bâtarde entre artisanat et intellectuel.




Les études :



Les études de médecine débutent vers 16 ans. Elles durent normalement4 ans.
Des charlatans proposent des formations express en 6 mois, d'autres au contraire se spécialisent des années avant d'exercer ( 12 ans pour Galien ).


Ces charlatant adeptes de formations express ( voire pas de formation du tout ) causent beaucoup de tort aux vrais médecins : ils font erreur médicale sur erreur médicale, aggravent les cas plus qu'ils ne les soignent, traînent leur réputation de boucher et se déplacent pour éviter les problèmes. Cela contribue grandement au mythe du médecin assassin dont les Romains se méfient.


L'enseignement peut être privé ( auprès d'un Maître prenant un disciple sous sa coupe ) ou public ( en école ).
L'élève pouvait se perfectionner en effectuant des stages auprès d'unMaître, ou en achetant / empruntant des ouvrages sur le sujet.


A l'issue de leurs études, les médecins prêtent le Serment d'Hypocrate.


Les disciplines abordées avant les cours de médecine :


  • La rhétorique ( l'art de savoir s'exprimer )
  • La philosophie ( ancêtre de la psychologie dans la relation patient / médecin )
  • La musique ( utilisée en tant que thérapie pour soigner quelques pathologies, notamment des cas de démence, avec succès apparemment )



Les disciplines abordées en cours de médecine :


  • La pharmacologie
  • La toxicologie ( nombreux étaient les empoisonnements à cette époque )
  • La dissection ( surtout sur des singes, proches de l'Homme, ou sur des cadavres pendant un temps. Cicéron atteste même des dissections effectuées sur des criminels vivants. Cette barbarie sera plus tard interdite. )
  • La vivisection.



Le corps médical :



  • Les généralistes ( au début, tous les médecins le sont. Par la suite, ils comprirent que face à la concurrence, mieux valait se spécialiser. )



On distingue deux types de spécialisation :


Par la pathologie traitée :


Les oculistes, dermatologues, ORL, chirurgiens, masseurs ( unctor ), gynécologues,apothicaires...


Parle traitement apporté :


Les herboristes ( ne soignent qu'avec des plantes ), les diététiciens,les kinésithérapeutes ( iatraliptes,soignant avec des massages ciblés et énergiques ), les hydrothérapeuthes ( adeptes des bains froids, ce qui a sauvé l'Empereur Auguste ).


En marge de tous ces corps de métier, on trouve les infirmiers,assistants, disciples, sages-femmes...




Les lieux de travail :



Le médecin aisé possédait son propre cabinet médical, composé,comme de nos jours, par une salle d'attente, un cabinet de consultation, une officine où il préparait ses remèdes. Il n'était pas rare qu'un médecin garde à son domicile un patient dont l'état n'est pas stable. C'est une preuve de professionnalisme appréciée des malades.


Si le médecin n'a pas de cabinet, il est appelé clinicus,et ne fait que des visites à domicile, tout comme un médecin de campagne.






Les femmes médecins :


D'abord simples assistantes ou sage-femmes, elles sont ensuite souvent gynécologues ( pudicae envers le sexe féminin qui ne doit pas être montré aux Hommes ) ou obstétriciennes. Le sang menstruel faisant très peur aux Hommes, ils préfèrent en effet ne pas y toucher ( superstition de liquide maudit entraînant la stérilité ou la mort ).

On a aussi des preuves de femmes médecins, ayant suivi des cours aux côtés des Hommes. Elles paraissent avoir surtout exercé en gynécologie, sexologie ( avortements thérapeutiques, stérilité,problème de couples.. ) ou comme conseillères en cosmétiques médicaux ( anti-ride, etc.. )





L'ancêtrede la Sécurité sociale :



Les plus pauvres ne payaient pas le médecin. Celui-ci était embauché et payé par l'Etat, et faisait en continu sa tournée dans les quartiers les plus défavorisés, à la demande ou de son propre chef pour des visites de contrôle. De temps en temps, l'Etat envoyait un jury pour contrôler le bon déroulement de son travail. Etaient appelés à témoigner ses anciens patients.




Avantages/ Inconvénients de la profession :





Les avantages :


  • Liberté tarifaire
  • Clientèle nombreuse
  • Exemption du service militaire
  • Abattement d'impôts
  • Exemption de certaines charges à vie
  • Protection juridique
  • Récompenses ( cadeaux, dons, legs etc.. )
  • Espoir d'affranchissement pour un esclave
  • Local parfois subventionné par l'Etat

Les inconvénients :


  • La contagion ( Espérance de vie réduite au contact des malades. Nombreux sont les médecins ne dépassant pas 25 ans ).
  • Concurrence féroce ( coups bas et haine pouvant aller jusqu'au meurtre )
  • Problèmes des charlatans qui avilissent la profession
  • Risque d'être mêlé à de sordides intrigues ( provoquer une mort pour un héritage, pratiquer un avortement illégal, etc.. )



Les interdits de la profession :


  • L'avortement sans raison médicale
  • La vente de produits dangereux
  • La castration
  • La circoncision d'un non-Juif
  • La faute professionnelle par malveillance ou ignorance coupable



Sanctions pénales encourues :



La Lex Aquilia de 286 av JC met en place des responsabilités pénales pour les médecins peu scrupuleux. Ils sont dès lors responsables de leurs actes devant la loi.


  • Pour une faute d'ignorance coupable ayant entraîné la mort ou la folie : le médecin esclave est mis à mort, le médecin libre est exilé.
  • Pour complicité criminelle ( fournir du poison, laisser mourir un malade ), le médecin est mis à mort.
  • Pour un avortement de complaisance sans raison médicale, mise à mort.
  • Pour une castration, ou la circoncision d'un non-Juif : un esclave est mis à mort, un homme libre exilé et tous ses biens confisqués.


Dernière édition par Achillia le Mar 4 Jan - 13:06, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: La médecine romaine.   Jeu 18 Nov - 17:45

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MessageSujet: Re: La médecine romaine.   Mar 23 Nov - 21:51

Article de Laurent Galopin sur les risques du métier Wink
http://www.mmt-fr.org/article384.html

Les médecins mondains que nous présente Galien, passant leur temps en visites de politesse et en dîners d’où ils reviennent souvent ivres, sont assez rares. Bien entendu, la profession présente de nombreux avantages alléchants, mais elle exige aussi beaucoup de travail et de veilles, et comporte des risques.



D’abord celui de la contagion, dont les Romains ont une peur bleue, au point qu’ils ne visitent pas leurs amis malades pour prendre de leurs nouvelles, y envoyant leurs esclaves auxquels ils font prendre un bain à leur retour, « tant on redoute la contagion, même vue par les yeux d’autrui » . La profession paye un lourd tribut dans les fréquentes épidémies, souvent meurtrières, de l’Italie antique. : Ainsi, Sidoine Apollinaire nous rapporte que, lors d’une épidémie de malaria, les médecins de Ravenne se trouvent cloués au lit. De même, Galien quitte précipitamment Rome en 166, pour fuir la peste.

La littérature latine reste pauvre sur cette question du médecin malade : qui les soigne ? Le font-ils seuls ? Daremberg nous livre une citation de Montaigne, qui pourrait illustrer notre propos : « il n’y a personne qui se médicine plus mal qu’un médecin ».

Les inscriptions funéraires ne sont guère plus bavardes quant à un impact de ces risques sur la durée de vie des médecins. L’un meurt à 22 ans et 6 mois , un autre à 22 ans et 10 mois : ils sont nombreux à ne pas dépasser les 25 ans .

Le matériel épigraphique concernant la mortalité des Romains est trop insuffisant pour rendre possible une réelle estimation de leur longévité, pas plus qu’il ne permet une comparaison avec le reste de la population adulte : nous ne pouvons donc pas faire dire beaucoup à ces quelques cas de mort prématurée, si ce n’est qu’ils sont morts peu de temps après la fin de leurs études. Ces propos peuvent toutefois être tempérés en se fondant sur deux exemples : tout d’abord, Galien, qui a vécu 70 ans, mais aussi Titus Avidius Apollinaris, médecin militaire, qui meurt à 60 ans.


Un autre des risques de la profession est la concurrence, parfois féroce, entre confrères. Pline affirme qu’elle a contribué à faire baisser le montant des honoraires que réclament les charlatans.

Mais, à côté, la jalousie a suscité des rapports tendus entre les praticiens, dégénérant fréquemment en querelles, allant parfois même jusqu’au meurtre. Grâce à Galien, nous savons que cette guerre vient en grande partie des rivalités entre les écoles (méthodiques, rationalistes, pneumatiques, empiriques…) qui, heureusement, en restent le plus souvent au niveau de la polémique, chacune prétendant détenir la vérité.

Lors d’un exposé sur sa conception du mécanisme de la respiration et du langage, Galien est interpellé par un rhéteur, avant même d’avoir commencé sa démonstration : celui-ci le lance dans une discussion sur la polysémie, au cours de laquelle Galien manqua de peu d’être étranglé par un contradicteur, ses assistants s’étant interposés.

Galien nous expose ailleurs dans son œuvre des médecins en désaccord qui en arrivent à se battre au cœur du Temple de la Paix. Toutefois, ceux dont les domaines ne sont pas concurrents échappent à ces querelles : ainsi les diététiciens ne jalousent pas les chirurgiens, bien au contraire. Ces disputes se poursuivent jusqu’au chevet des malades, portant sur le diagnostic ou le traitement, où aucun ne veut céder, pas même Galien. Il déplore ces luttes, mais son succès cache mal une vive intolérance à l’égard des autres écoles. Il poursuit par exemple de sa haine Statilius Attalus, le médecin personnel de Marc-Aurèle : il ne faut pas exclure la part de l’ambition et de la vanité, défauts courants chez les médecins de haut rang.

La jalousie reste une cause première : dans l’épître dédiée à Calliste, qui fait office de préface à ses Compositiones, Scribonius accuse les adversaires de l’empirisme de refuser à leurs malades des médicaments dont l’efficacité est reconnue, simplement par jalousie. Son contemporain Paccius Antiochus n’a jamais voulu communiquer la recette d’un médicament qui l’a rendu riche. Il le préparait lui-même portes closes, et faisait préparer à ses assistants plus d’ingrédients qu’il n’en fallait, ne faisant confiance à personne. Il faut attendre sa mort pour en apprendre la recette dans un ouvrage dont il fait don à Tibère, déposé dans les bibliothèques publiques : son remède aurait en fait été une recette ancienne.

Cette rivalité professionnelle va parfois jusqu’au crime : un jeune médecin, arrivé depuis peu à Rome et qui préconise les même traitements que Galien, aurait été empoisonné avec ses deux secrétaires.

Quintus, réputé comme étant le meilleur médecin de son époque, échappe au poison de ses confrères pour se faire bannir de Rome sous prétexte qu’il aurait laissé mourir certains de ses malades, ce qui est peu vraisemblable : ses disciples ne se seraient pas risqués à publier les éléments de sa doctrine si elle avait été dangereuse.


Le dernier grand risque auquel s’expose le médecin provient des clients et de leur entourage.

Il peut être soupçonné de faire mourir un patient, pour favoriser certaines machinations d’un mari, parent, héritier… Le risque peut venir aussi de l’entourage du médecin, de ses assistants ou de ses esclaves, motivés par l’appât du gain : ils peuvent ainsi commettre des crimes dont le maître est présumé coupable. Diogène, esclave du médecin Cléophantos, va raconter la tentative de corruption pour laquelle il devait voler du poison contre récompense pour un assassinat.

Etre trop proche des grands n’est pas non plus toujours profitable. Alcon, le médecin de Claude, est condamné à une amende de dix millions de sesterces et à l’exil, sans que nous en connaissions vraiment la cause : sa seule faute serait de s’être enrichi trop et trop vite. Il est ensuite rappelé. Glycon, médecin du consul Pansa, blessé à Modène en 43, a été accusé d’avoir empoisonné la plaie tellement la blessure semble suspecte.

Encore pire, Vettius Valens, médecin de la cour sous Claude, est soupçonné d’être l’amant de Messaline et est exécuté, peu avant l’impératrice. Nous n’avons toutefois aucun réel témoignage de médecin puni pour avoir échoué. Comme aujourd’hui, c’est seulement en cas de faute ou de négligence qu’il peut être poursuivi.
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MessageSujet: Re: La médecine romaine.   Mar 1 Mar - 17:08

Le Cahier de Science et Vie du mois de février-mars traite de la médecine antique.
Médecine égyptienne, grecque, hébraïque, romaine, asiatique, tout y est traité avec d'excellents articles riches en icono et en citations recherchées.

Un numéro indispensable à ceux que le sujet intéresse ! je l'ai dévoré en quelques heures.



Bon nombre de savoureuses anecdotes et problématiques sont soulevées.
On y apprend notamment que les Romains connaissaient malgré ce qu'on en dit une forme de savon très proche de celui des Gaulois, la philosophie particulière de Galien en matière de prévention médicale ( ancêtre de l'auto-hypnose : s'imaginer souffrant et malade et s'imaginer guérir pour aguerrir le corps et l'esprit ) mais aussi certains paradoxes romains en matière d'hygiène ( multiplier les établissements de bains dans un but de salubrité.. alors qu'en fait concentrer autant de population quotidiennement dans ces mêmes lieux humides donnait au final un bouillon de culture énorme et un vrai lieu de contagion; tout comme l'idée des égoûts qui étaient mal pensés, la Cloaca Maxima contaminant certaines sources utilisées comme eau qu'on pensait pure.. )

Vraiment un très bon magazine Wink

Prix : 5,95€
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MessageSujet: Re: La médecine romaine.   

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