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 Mieux comprendre la religion des Romains.

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Achillia
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Date d'inscription : 06/10/2010
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MessageSujet: Mieux comprendre la religion des Romains.   Sam 23 Oct - 17:31

Je poste ce sujet dans cette rubrique car l'aspect de la religion romaine me semble faire partie du contexte socio-politique entourant la gladiature.

J'ai donc terminé la lecture de l'excellent livre de John Scheid, La religion des Romains, Ed. Armand Collin, 2007, j'en fais ici un petit topo basé sur les notes que j'ai pu prendre lors de la lecture.

Vous verrez que certaines notions peuvent nous aider à mieux comprendre la gladiature.


Une religion à part entière.


La religion romaine n'est ni décadente ni une bête reprise de culte de Dieux étrangers.

Loin de se contenter de reprendre les mythes et croyances des autres, les Romains " utilisaient le côtoiement des communautés et religions étrangères pour enrichir l'interprétation de leur propre religion " ( l'auteur. ) Ce qui souligne un principe de réflexion.

C'est une religion polythéiste et surtout ritualiste, qui ne connaît ni dogme ni autorité spirituelle.
Très liée aux structures sociales ( les plébéiens n'ont pas les mêmes rites que les patriciens, les pérégrins pas les mêmes que les citoyens ), elle est le reflet des valeurs des Romains.

Le principe fondamental qui la régit est la liberté du citoyen.

Il n'y a pas de calendrier religieux, les calendriers épigraphiques n'en sont pas. Mais l'année religieuse des Romains est bien plus riche en fêtes et services religieux que ce qu'on en sait.

C'est également une religion très stricte et extrêmement codifiée, basée sur l'idéologie de la Cité.
Les lieux de culte ont entre autres une organisation très complexe. Un temple n'est pas obligatoirement un lieu sacré, et le fait qu'un champ le soit ne veut pas dire qu'ils vénéraient la nature.

Lorsqu'on parle de conversion au Christianisme comme si ce dernier avait sauvé Rome de son paganisme archaïque, il faut savoir que le paganisme du IVème siècle annonçait déjà la venue du Christianisme, dont il était très proche. Cette " conversion " légendaire n'a rien d'exceptionnel en fait, car " l'adoption d'un culte nouveau et l'abandon de certains autres était traditionnel dans la religion romaine. " ( l'auteur ).

Les Romains ont toujours été curieux. En 404, St Augustin adresse un sermon aux païens, preuve que ceux-ci assistaient au culte parmi les Chrétiens. On pense qu'ils sortaient simplement au moment de l'Eucharistie.


Un rapport très étroit avec la loi :



Des punitions légales existent pour des fautes religieuses.

Exemple pour crime d'impiété ( porter atteinte aux Dieux par le déni, le vol ou la détérioration ) :

On distingue deux sortes de crime d'impiété :


  1. L'impiété par inadvertance ( imprudens ), comme interrompre involontairement la célébration d'un rite, est punie " du sacrifice d'un boeuf à Jupiter " selon le règlement de Spolète.
  2. L'impiété malicieuse ( prudens dolo malo ), comme la détérioration d'une statue de Dieu, est punie par une amende de " 300 as, et d'un boeuf à Jupiter " toujours selon Spolète. A cela s'ajoute que ce crime est inexpiable et que le coupable est maudit et laissé impie, remis entre les mains des Dieux.
De plus, le prêtre n'est pas un homme de Dieu. Il n'a pas le monopole des actes sacrés ( loin de là ) et tout citoyen peut célébrer des services religieux.

Les grandes décisions sont prises par le Sénat et un magistrat, pas par le prêtre. Il ne s'exprime que si le magistrat ou le Sénat le lui demande. Son avis est néanmoins obligatoire en matière de droit sacré.

La magie, elle, est très mal perçue : c'est une manière très agressive de célébrer le culte qui ne plaît pas du tout aux Dieux.


La piété des Romains :



On prie, on fait des offrandes et on rend des cultes dans un but précis, toujours tourné vers un bénéfice. On cherche à s'attirer les faveurs des Dieux, on demande quelque chose d'immédiat et un confort matériel terrestre. ( pas de question sur le futur ni sur l'au-delà chez les Romains. A noter toutefois que sous l'Empire, l'astrologie fera son apparition. )

Le Romain est très pragmatique. Il a une relation de donnant-donnant avec les Dieux, qu'on pourrait appeler échange de bons procédés. Je te fais une offrande, je t'honore, exauces-moi.

" Les rites sont une théologie civique qui prouvent que les Hommes agissent avec les Dieux " ( l'auteur. )

Comme le veut le principe sacré de cette religion, qui prône la liberté du citoyen, on demande l'appui des Dieux, pas leur accord. L'auteur parle de " collaboration sacrée ".



Les Dieux :


Les Romains sont respectueusement soumis à leurs Dieux, mais davantage dans un esprit d'humilité que de terreur.

Ils ont cependant très peur des morts qui ne sont pas en paix : les fameux Lémures ( qu'on trouvait déjà en Egypte antique ), ceux qui n'ont pas été incinérés / enterrés selon les rites, voire pas enterrés du tout, et dont l'esprit n'est pas en paix.
Les jours des Lemuria leur sont consacrés ( 9, 11 et 13 mai ) pour les apaiser.

Il existe une forte dichotomie chez les Dieux romains : les uns sont paisibles, les autres terrifiants.

Un Dieu a toujours une fonction très précise, mais peut l'exercer dans différents contextes :
Mars, en tant que violent défenseur de l'individu, peu être appelé aussi bien pour garder un champ que pour stopper la progression d'une maladie.
" Dans le polythéisme romain, les Dieux se juxtaposent et collaborent. " ( l'auteur )

Concernant la divinisation de l'Imperator, il convient de faire attention : l'Empereur n'est pas vénéré comme un Dieu, mais est présenté comme tel histoire de faire comprendre que personne n'est au-dessus de lui ( début du Principat ). On accorde à l'Empereur et à sa famille les mêmes honneurs qu'aux Dieux, afin de montrer aux provinces, aux colonies et aux ennemis que Rome a à sa tête un homme qui a tous les pouvoirs divins entre ses mains. Ce qui s'oppose aux croyances de l'Egypte antique, où Pharaon était réellement considéré comme une Dieu. ( Ce que tenta de réhabiliter Caligula ).




Le sacrifice chez les Romains :


" Le sacrifice est un rite très basé sur la gestuelle, qui définit la place des mortels et des immortels dans l'ordre des choses " ( l'auteur. )

Il fait partie intégrante de toute office religieuse.

C'est avant tout un banquet : " Sacrifier, c'est manger avec les Dieux " ( l'auteur ).
On divise chaque aliment en deux, un pour l'homme, un pour le Dieu.

Les sacrifices de bestiaux ( bovins, ovins, porcins, rarement caprins ) est exclusivement réservé à un sacrifiant, assisté d'un sacrificateur.
On assomme la bête avant la saignée afin d'éviter toute altération des organes internes par un stress inutile, ce qui contrarierait les Dieux et rendrait le sacrifice nul et non avenu.

Ensuite, on consomme la viande, après que le sacrifiant ait apposé ses mains dessus et demandé aux ieux de bien vouloir leur céder une part de cette offrande. Il désacralise ainsi la viande, donc on ne cherche pas à s'incorporer du divin en mangeant l'animal sacrifié, mais on demande humblement à se nourrir tout simplement.

Les sacrifices humains ont été attestés.
On se rappelle de l'ensevelissement public d'un couple de Gaulois et d'un couple de Grecs forum Boarium. Par ce rite exceptionnel utilisé en période de danger ( guerre ), on offre aux divinités d'en bas la représentation physique des ennemis.
Les Romains vouaient aussi aux Dieux d'en bas les villes assiégées ennemies ou leurs rivaux personnels.

On retiendra cette notion :

" La violence exercée contre des tiers énonce une limite claire. Les Dieux et les Hommes ( sous entendu, les citoyens ) se situent au-dessus de cette limite, caractérisée par des relations pacifiques et respectueuses. En-dessous de la limite, des êtres proches mais inférieurs, destinés à l'asservissement et à l'utilisation par les êtres supérieurs. " ( l'auteur )

On peut supposer donc que la gladiature est donc une forme de sacrifice en soi.
Les êtres inférieurs ( les gladiateurs ) sont destinés à se battre et à faire couler le sang pour le plaisir des supérieurs ( les citoyens, les magistrats, l'Empereur et les Dieux ).
Dans le sacrifice des ennemis de Rome on peut y voir les gladiateurs ethniques.

.


Dernière édition par Achillia le Mar 4 Jan - 13:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Mieux comprendre la religion des Romains.   Jeu 4 Nov - 23:03

Les âmes des ancêtres vivent dans le monde des morts. C'est un lieu nommé les Enfers. Il ne faut pas prendre ce nom dans son acception chrétienne puisque tous les morts allaient aux Enfers. Les Enfers comprenaient plusieurs régions différenciées : L'Érèbe où les morts expiaient temporairement leurs fautes, la plaine des asphodèles dans laquelle séjournaient la plus grande partie des défunts, les Champs-Élysées, séjour des âmes vertueuses et le Tartare où les âmes ayant un lourd passé dans le monde des vivants subissaient leur punition.

Les Enfers étaient arrosés par cinq fleuves : le Styx, le Phlégéthon, l'Achéron, le Cocyte et le Léthé. Pour pénétrer dans les Enfers, Charon, le nocher des Enfers, faisait passer le fleuve Styx ou le fleuve Achéron aux défunts qui devaient en échange lui donner une obole, d'où l'usage de glisser une pièce (obole) dans la bouche du mort. Ceux qui ne pouvaient le payer restaient à errer le long de la rive, coincés entre le monde des vivants et le monde des morts.
Charon empêchait également les morts de quitter les Enfers et de regagner le monde des vivants.

Après un très long séjour dans les Enfers, les morts étaient invités à boire l'eau du Léthé, fleuve de l'oubli, afin d'effacer de leur mémoire le souvenir leur existence passée ainsi que leur séjour dans les Enfers afin de pouvoir renaître dans le monde des vivants.

Les Enfers étaient le royaume du dieu Pluton qui régnait sur le monde souterrain avec sa parèdre la déesse Proserpine qui avait l'habitude de le quitter six mois par ans. Mais Pluton n'était pas la mort elle-même qui était personnifiée, chez les Romains, par Orcus, équivalent du Thanatos grec.


Autres divinités du panthéon romain, les Parques présidaient à la destinée des humains. Au nombre de trois, elles avaient pour nom (Nona, Decima et Morta). Elles sont l'équivalent latin des Moires grecques (Clotho, Lachésis et Atropos). Elles étaient représentées sous les traits de fileuses, le fil symbolisant bien entendu, la vie et la destinée de chaque être humain. Nona, représentant la Naissance, fabrique le fil de la vie. Decima, le disposait sur le fuseau et le filait. Elle déroule le fil de la vie. La dernière et la plus redoutée était Morta qui coupait le fil de la vie.


Après un très long séjour dans les Enfers, les morts étaient invités à boire l'eau du Léthé, fleuve de l'oubli, afin d'effacer de leur mémoire le souvenir leur existence passée ainsi que leur séjour dans les Enfers afin de pouvoir renaître dans le monde des vivants.

Les Enfers étaient le royaume du dieu Pluton qui régnait sur le monde souterrain avec sa parèdre la déesse Proserpine qui avait l'habitude de le quitter six mois par ans. Mais Pluton n'était pas la mort elle-même qui était personnifiée, chez les Romains, par Orcus, équivalent du Thanatos grec.


Autres divinités du panthéon romain, les Parques présidaient à la destinée des humains. Au nombre de trois, elles avaient pour nom (Nona, Decima et Morta). Elles sont l'équivalent latin des Moires grecques (Clotho, Lachésis et Atropos). Elles étaient représentées sous les traits de fileuses, le fil symbolisant bien entendu, la vie et la destinée de chaque être humain. Nona, représentant la Naissance, fabrique le fil de la vie. Decima, le disposait sur le fuseau et le filait. Elle déroule le fil de la vie. La dernière et la plus redoutée était Morta qui coupait le fil de la vie.


Source : http://nanard_jones.perso.sfr.fr/Donnees/Croyances%20romaines%20relatives%20a%20la%20mort.htm
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